samedi 21 septembre 2013

Chers étudiants
Je suis désormais Rectrice de l'Académie de la Martinique et n'assure plus ce cours. J'en laisse cependant les archives à votre disposition.
Bonne rentrée universitaire !
CBL

jeudi 28 mars 2013

 
MANGAS et ANIMES  : POURQUOI TANT DE HAINE ?

Pourquoi s’intéresser aux animations d’origine japonaise  dans ce cycle de cours sur les cultures télévisuelles ? Parce que le conflit qui s’installe entre 1978 et 1987 autour de la programmation de séries telles que Goldorak, Albator ou Cindy permet de comprendre quelles sont les positions des divers protagonistes de la programmation télévisée et de la critique face aux effets culturels et sociaux, réels ou imaginés, de la programmation télévisée destinée au jeune public.

A partir de 1978 la chaîne publique de la télévision française Antenne 2 introduit dans ses programmes pour enfants des dessins animés d’origine japonaise. Ces diffusions provoquent un premier conflit dont on trouve des traces dans la presse de l’époque. Ces dessins animés sont accusés de véhiculer des images violentes et d’être d’une facture inférieure à la qualité du dessin animé dit traditionnel. En 1987 lorsque la première chaîne est privatisée, TF1 a recours en masse à des dessins animés d’origine japonaise pour alimenter son émission phare destinée à la jeunesse Club Dorothée. La société AB production qui alimente en programmes l’émission Club Dorothée organise autour des séries une politique marchande intensive : jeux avec appels surtaxés, clubs pour fidéliser les jeunes téléspectateurs, magazines, vente de figurines (partenariat avec le fabricant de jouets américains Mattel). Ces procédures ne sont pas nouvelles mais elles sont mises en œuvre avec tant d’efficacité qu’il se produit un sentiment d’invasion culturelle. Tout l’univers des enfants, loisirs et même récréations à l’école, paraît saturé. Une campagne de presse dénonce ces dangers et le CSA menace TF1 d’amendes et de diverses mesures de rétorsion si la chaîne continue à programmer des dessins animés violents. Cette campagne hostile aux mangas, ou plutôt aux animations d’origine japonaises, finit par provoquer la suppression du Club Dorothée et un changement de politique de TF1.

Ce conflit met en évidence des dimensions intéressantes de la constitution de cultures télévisuelles. En premier lieu, il illustre le fait que les œuvres audiovisuelles circulent au sein d’un marché mondialisé et permet d’envisager la confrontation culturelle dans un environnement post-moderne. On n’est plus, en effet, dans le face-à-face Europe-Etats-Unis qui a dominé l’économie réelle et symbolique du cinéma depuis les années 1920 mais dans un marché plus complexe où les programmateurs français achètent des animations produites au Japon mais parfois réalisées en Corée, et qui peuvent avoir été diffusées et traduites en Italie avant d’être diffusées en France. Par ailleurs on observera d’innombrables reprises : certaines séries vont être diffusées sur presque toutes les grandes chaînes françaises successivement. Dans presque tous les pays, la confrontation avec les mangas japonais pousse à une réflexion sur les enjeux de la programmation télévisée. La Corée, par exemple, aborde la question dans une perspective déterminée par son rapport historique au Japon : alors que la diffusion de produits culturels japonais, interdite après la seconde guerre mondiale, commence à peine à reprendre, l’arrivée des magas provoque un réflexe de défense nationaliste mais aussi une réflexion sur les rapports entre culture populaire, culture nationale et culture savante en Corée.

Par ailleurs le conflit autour des mangas est intéressant dans la mesure où la controverse permet de cerner ce que chacun se représente comme une « bonne» télévision. Il permet aussi de voir comment survit l’idée que l’état doit assurer la protection des publics fragiles et de quelle légitimité jouit la loi sur la protection de la jeunesse qui permet la censure des ouvrages destinés à la jeunesse. Enfin cela nous permet d’aborder – comme nous l’avons déjà fait pour les séries télévisées - la double dimension des programmes et de les analyser à la fois en termes de contenus (fiction), dont on cherche à mesurer « l’influence », et en termes de « vivre ensemble », cet effet social de la télévision lié au fait que les téléspectateurs éprouvent les mêmes émotions en même temps.

On s’appuiera ici en premier lieu sur la description et la lecture à l’écran des trois séries : Albator, Goldorak et Candy, et sur l’analyse du fonctionnement du Club Dorothée tel qu’il est décrit par le Dictionnaire de la télévision. Les liens avec certains épisodes des séries décrites sont accessibles au pied de ce texte.

L’arrivée des mangas : le rôle paradoxal du service public

Les premiers dessins animés japonais qui posent la question de la représentation de la violence dans les dessins animés destinés aux jeunes sont introduits, en fait, par la télévision de service public dans l’émission phare pour la jeunesse Récré A2 (diffusée sur Antenne 2) qui programme «Goldorak» le 3 juillet 1978 , puis «Candy» en septembre de la même année.

En 1979, TF1 riposte en diffusant «La Bataille des planètes» dans l'émission des Visiteurs du mercredi. En parallèle, Antenne 2 retransmet «Albator 78». Au début des années 1980, «Capitaine Flam», «Ulysse 31» (fruit d'une collaboration franco-japonaise) et «Cobra» s’ajoutent aux quatre dessins initialement programmés.

Après 1981, apparaît la télévision privée. La Cinq, possédée par Silvio Berlusconi, adapte les recettes commerciales de la télévision privée italienne. TF1 est privatisée en 1987. On peut voir sur TF1 et sur La Cinq «Les Chevaliers du Zodiaque», «Ken le survivant», «Juliette je t'aime», «Nicky Larson», «Olive et Tom», «Jeanne et Serge», «Max et compagnie», «Creamy merveilleuse Creamy», «Emi magique», «Embrasse-moi Lucille», «Lady Oscar».La première série de «Dragon Ball» d'Akira TORIYAMA s'adresse avant tout à des jeunes. «Dragon Ball Z» touche les adolescents et les adultes. Il reste près de dix ans sur les écrans français.

Non seulement les animés japonais deviennent le cœur de la programmation de fictions à destination des jeunes mais ils sont associés, sur TF1, à une politique commerciale agressive qui leur permet de saturer de leur présence l’espace de loisir des enfants. En 1987 l’animatrice de la seconde chaîne publique, Dorothée, est débauchée par TF1. La chaîne va construire sa programmation pour la jeunesse à l’intérieur d’une émission dénommée au sein du « Club Dorothée » qui durera de 1987 à 1997. La programmation de l’émission est extensive : le mercredi après-midi , avant l’école le matin et en fin d’après-midi, ainsi que pendant les vacances (sous le nom de « Pas de pitié pour les croissants »). L’’émission est associée à un « Club » auquel on adhère (et qui comptera des centaines milliers d’adhérents, à un magazine ; des récompenses sont distribuées aux abonnés fidèles. Le Club Dorothée est le débouché de la production audiovisuelle de AB production (sitcoms, chansons). C’est un système très rémunérateur grâce aux communications surtaxées, aux produits dérivés (figurines, tee shirts, disques des génériques). Les deux piliers de l’émission sont les jeux et les dessins animés importés du Japon (« mangas »). Ces derniers ont pour titre Les chevaliers du zodiaque, Dragonball, Ken le survivant. il y au aussi des séries qui ont pour personnage central un super héros en armure capable d’affronter des monstres aux costumes spectaculaires : X or, Spielvan, Giraya. Ce sont ces séries qui vont susciter les critiques du CSA et de la presse spécialisée (Télérama) et même un livre de Ségolène Royal ( Le raz-le-bol des bébés zappeurs, )

Violence et bons sentiments

Albator 78

Pour voir comment se présentent ces animés considérons l’un d’entre eux, Albator diffusé entre 1979 et 1984.On a pu dire qu’il était constitutif de la mémoire d’une génération , ce qui se matérialise par la mémoire de la chanson du générique « Albaaa-tor ! Albaaator! ».

Cet animé est importé du Japon.Il est tiré d’un manga en 5 volumes du dessinateur Leiji Matsumoto. il est produit pour la télévision en 1978 par la société Toei animation.

Le héros

Son personnage central n’est pas éloigné de l’archétype romanesque de Robin des Bois. Sa mission est de sauver la planète terre ( l’histoire se passe dans le futur). Le héros a l’apparence d’un rebelle au grand cœur qu’identifient une grande mèche, une cape, et une balafre. il permet l’ identification aux petits garçons; et doit séduire les petites filles.

Son nom d’origine, Captaine Harlock étant impossible à utiliser en France car trop proche de celui du héros de Hergé, il devient ; Albator le corsaire de l’espace; puis Albator 78, en référence à son année de production.

Le genre

Le thème et l’imagerie de la série appartiennent à la science fiction classique à un moment où la science fiction est en vogue mais où il y a peu de programmes de science fiction pour les très jeunes

L’histoire commence en 2980. Toutes les mers du globe son asséchées. L’humanité exploite avec des robots les mers voisines; les terriens sont devenus oisifs, « lobotomisés » par une société « ludico télévisuelle »; certains ont échappés à ce destin et sont considérés comme « hors la loi »; la planète terre est menacée par des créatures mi plantes mi humaines, les sylvidres.

Albator se déplace dans un vaisseau spatial orné d’une tête de mort. Ce vaisseau a été créé par son ami Alfred (Toshiro dans la VO) dont l’esprit a été implanté avant sa mort dans l’ordinateur central du vaisseau. Albator doit sauver la fille de ce dernier, Stellie, qui vit sur terre. Il lutte donc sans relâche contre les sylvidres avec l’aide de Nausicaa ( humaine secrètement amoureuse de lui), Clio ( extra terrestre aux cheveux bleus) et du Dr Zero ( médecin du bord)

L’intrigue est manichéenne. Les combats sont spectaculaires et le récit ménage quelques situations moins aseptisées quand celles des productions antérieures à destination de la jeunesse (les sylvidres sont nues, par exemple). Le graphisme, simple, peut être considéré comme pauvre ou comme facile à lire…

La série comme système d’appartenance générationnel

Reprise ultérieurement dans un film, cette série est considérée comme « culte » aujourd’hui dans la presse branchée et le monde de la nuit

Goldorak (1978-1980)

Goldorak apparaît en France sur Récré A2 pratiquement au même moment que Albator.

Production

Ce dessin est produit au Japon par Toei Animation et fabriqué en Corée. Il bénéficie du grand succès qu’ont obtenu peu avant les histoires de robots combattants (Mazinger Z, 1975-76);

Introduction de Goldorak en France

L’introduction en France et en Europe se fait via un homme d ‘affaire suisse qui va jouer un rôle important dans toute l’économie des mangas : Bruno Roger Huchez. Le distributeur français est une société créée pour l’occasion, société Pictural Film .

La version française est traduite par Michel Gatineau. Ce dernier va traduire beaucoup d’animés avec une inventivité dans les noms propres et les expressions imagées qui n’est sans doute pas étrangère à leur succès et leur donne parfois une poésie étrange.

Sous le nom de Goldrake (contraction de Goldfinger (James Bond) et Mandrake – « comic »américain classique) la série a remporté un grand succès en Italie.

Violence

Le problème de la violence est posé d’emblée. L’animé est proposé à Jacqueline Joubert, responsable des programmes jeunes d’A. 2 qui le trouve trop violent; en réunion avec le directeur de la chaîne lui même on trouve une solution de compromis. Il sera programmé en été. Le 3 juillet 1978, 1er épisode de Goldorak « Les frères de l’espace » dans Récré A 2, alors présenté par Dorothée (lundi et jeudi).

Genre

Goldorak appartient lui aussi à la science fiction. L’argument est le suivant : un réfugié d’une guerre galactique, Actarus, prince d’Euphor, arrive sur terre à bord d’un robot à corne, Goldorak, machine de 30 m de haut et 280 tonnes, arme de combat destructrice. Recueilli par le professeur Procyon et un fermier; aidé par un pilote d’élite et ingénieur de la Nasa, il défend la terre contre le méchant Véga ( le grand « stratéguerre ») dont les troupes s’établissent sur la lune; ce dernier envoie lui aussi des robots terribles Golgoth et Antérak, dirigé par un pilote de la division « ruine ».

Effet de génération et merchandising

Dans Goldorak les transpositions verbales de M. Gatineau témoignent d’une réjouissante invention verbale fondée sur une culture classique. Les garçons dans les cours de récréation s’affrontent désormais à coup de « fulguropoint , asterohache, cornofulgur ». Cela crée un effet de connivence pour une génération d’enfants. ce dernier est renforcé par un merchandising intense : un magazine bi-mensuel est publié à 300 000 exemplaires. Des jouets Mattel reprennent les personnages. La chanson du générique est vendue à 400 000 exemplaires. Le Club des amis de Goldorak compte 25 000 membres en 1979.

L’histoire est limpide, les caractères soignés,et dégage parfois une certaine poésie. Certains épisodes sont qualifiés d’ «anthologiques ». par exemple « Vaincre ou périr » où Hydargos meurt et est remplacé par Horos l’homme à l’œil en caméra; ou encore « La bête », épisode où un « monstrogoth » arrache le bras de Goldorak. Mais les scènes de combat sont longues et insistantes. L’émission atteint 100% d’audimat un après-midi de novembre 1978.

Polémiques

Ce sont à la fois la violence et l’omniprésence de l’émission qui suscitent les réactions d’hostilité.

La chanson du générique, où Goldorak sauve « notre race » doit être réenregistré avec de nouvelles paroles. La chercheuse en sciences sociales Liliane Lurçat publie un livre critique sur l’abandon des enfants devant la télévision et les effets des programmes violents et prend Goldorak comme symbole du mauvais programme en intitulant son livre : A 5 ans seul avec Goldorak (1981).

Elle explique que les «effets de séduction (...) limitent le pouvoir créateur et favorisent l'invasion de l'imaginaire et du champ mental par des thèmes parasitaires qui peuvent freiner le goût de comprendre et d'agir». En particulier, elle croit que ce genre de divertissement «crée une dépendance et devient un besoin» pour les enfants. Elle souligne qu 'en abandonnant les enfants à la télévision, on les soumet «de façon répétée à un bombardement émotionnel qui peut avoir des effets dommageables sur leur équilibre».

Document : Liliane Lurçat, À cinq ans, seul avec Goldorak: Le jeune enfant et la télévision, Paris, Éditions Syros, deuxième édition, 1981. p.53
Pourquoi ne l'aime-ton pas?
Parce qu'il est effrayant, il fait peur:
Nathalie B.: Non parce que ça fait peur, parce que j'aime pas voir les choses horribles.
Guilène B.: Les bandits je les aime pas, à chaque fois j'en vois un ou deux, j'ai la trouille.
Catherine P.: Ah non! ah non! ah non! parce que moi j'ai trop peur de lui, il attaque les Golgoth, il attaque tout le monde!
Clair S.: J'aime pas Goldorak, c'est pas beau, sinon on fait des cauchemars dans la nuit.
Parce qu'il est agressif:

Rafaël P.: Pas tellement, parce qu'il attaque tout le monde.
Agnès D.: Non parce qu'il y a la bagarre, j'aime mieux quand on dit c'est une petite fille et elle habite une maison très jolie. (p.57)

Pourtante la seule réelle censure sera économique : quand en 1987 Dorothée et TF1 reprennent la série pour une rediffusion, TF1 procèdera à des coupures dans les épisodes (pour laisser la place à la publicité ?)

Au cours des années 1980 d’autres animations vont dépasser Goldorak en notoriété: Albator, on l’a vu mais aussi Capitaine Flam, Cobra puis Dragon Ball Z ou Les chevaliers du zodiaque.

Candy 1978-1981

Les animations japonaises destinées aux filles posent d’autres problèmes. L’un des premiers diffusés en France est Candy. La série est d’abord diffusée par Récré A 2 puis par TF1, la 5 et M6. C’est l’un des premiers Shojo mangas (pour les filles) adaptés, ici encore, par Toei animation.

Le genre

Le récit ressort du mélodrame classique. Une petite orpheline se retrouve avec son amie à l’orphelinat. Elle doit ensuite devenir la demoiselle de compagnie d’un méchante enfant. Ses amours tournent toujours mal. Elle est d’abord amoureuse d’un beau jeune homme qui meurt d’une chute de cheval, puis connaît un autre amour impossible; elle trouve sa consolation dans le soutien indéfectible de ses amis… Elle finit par retrouver sa famille rencontre l’amour avec « son petit prince des collines ».

L’intrigue ressemble à celle des classiques des livres européens pour jeunes filles (Heidi). C’est à la fois un mélo et un roman d’apprentissage.

Le`dessin simplifié, le générique « scie » obéissent aux lois du genre. ( grands yeux ronds des personnages féminin, illustration du goût du joli (« cute ») dans la culture adolescente japonaise.

On fait à la série le reproche de donner une image trop traditionnelle des rôles féminins.

Polémiques.
Les discussions autour des animés japonais sont dans les années 1980 assez véhémentes. On en retrouve encore la trace sur des sites internet aujourd’hui.
Les critiques reprochent à ces animés leur pauvreté visuelle (leur technique est différente de la technique d’animation européenne ; seuls les yeux sont animés lors d’une discussion par exemple ; ou alors les déplacements d’engins volants ou autres sont stéréotypés)

Ils mettent aussi en cause les valeurs véhiculées par les récits (rarement explicitement) ainsi que la violence visuelle. La référence explicite ou implicite est la loi française sur la protection de la jeunesse de 1947.

Les réponses à ces critiques sont souvent véhémentes car les protagonistes se sentent mis en cause dans leurs choix esthétiques et leur sentiment d’appartenance à une génération. Certains soulignent la poésie et l' inventivité des récits. Beaucoup attaquent la mièvrerie supposée des dessins animés « autorisés » ou la pauvreté de la production française. On souligne que certains de ces dessins, au départ, ne sont pas fait pour un public aussi jeune et que, au Japon, la culture accepte la représentation de la violence pour tous les âges. D’autres protestent au nom de l’intégrité de l’œuvre : les coupures sont faites n’importe comment et dénaturent le récit.

Vers une culture de jeunes adultes : érudition et légitimation.

Au cours des années 1990, les mangas deviennent une sub-culture spécialisée plus tournée vers les jeunes adultes. Apparaissent des récits ancrés dans la tradition japonaise : Naruto : récit d’initiation liant philosophie, morale et sports de combats

Document annexe 1

Ségolène Royal dans Le ras-le-bol des bébés zappeurs, p 44 à 46

« « Les Chevaliers du Zodiaque », « Ken le Survivant », « Dragon Ball », « Bioman », « Spielvan », défilent quotidiennement sur TF1, et, pendant l'été (« Dorothée Vacances »), on fait encore moins cher : on ressort « Goldorak », probablement déjà largement amorti sur toutes les télévisions du globe; « Giraya» et aussi « Metalder », deux séries japonaises stupides et violentes à côté desquelles « Bioman » fait presque « haut de gamme ». Le tout suivi, chaque jour de cet été par Les rues de San Francisco, l'inévitable série policière. Bref on enrage devant un tel gâchis. Comment ne pas penser à tous ces gosses des banlieues, cloîtrés entre quatre murs de béton, privés de vacances, et qui n'ont que la télévision pour rêver et pour s'évader, enfants abreuvés de violence, de laideur, de médiocrité.
Pauvre monsieur Bouygues, vous avez imprudemment dit « ni japonais, ni violent »? Ce n'est que coups, meurtres, têtes arrachées, corps électrocutés, masques répugnants, bêtes horribles, démons rugissants. La peur, la violence, le bruit. Avec une animation minimale. Des scénarios réduits à leur plus simple expression.
Comme s'il ne fallait laisser aucun répit. Dévider toujours et toujours des images soi-disant pour enfants : des faux dessins animés jusqu'aux pâles copies des téléfilms pour adultes. Pourquoi ne pas introduire un minimum d'alternance dans le choix des séries ? Pourquoi ne pas y intercaler des rediffusions françaises? Pourquoi ne pas donner un peu d'accalmie avec du cirque, du sport pour jeunes, avec... mille choses parmi les meilleures productions déjà diffusées ou celles des télés voisines (émissions de la BBC par exemple)?
Il existe pourtant de bonnes séries de science-fiction : « Tom Sawyer », et aussi « Conan » (A2). Et de bons dessins animés français : « Touni et Litelle » (TF1), ou « Demetan, la petite grenouille » (FR3, en coproduction japonaise)... Sans parler des stocks de produits de qualité détenus par l'INA.


Liens :

Albator

http://www.tagtele.com/videos/voir/16391

GOLDORAK Générique

http://video.google.fr/videosearch?q=goldorak+generique&hl=fr&emb=0&aq=0&oq=goldorak#

Jeanne et Serge

http://video.google.fr/videosearch?q=jeanne+et+serge&hl=fr&emb=0&aq=f#q=candy%20tf1&hl=fr&emb=0

REFERENCES :

Chie Yamanaka, « Manwha, manga and cultural identity comics readers and nationalism in Korea », web.

Agnes Chauveau yannick Dehée : Dictionnaire de la télévision française, Nouveau Monde Editions, 2007,

http://membres.lycos.fr/goldotriomphe/lurcat.htm

lundi 28 janvier 2013

PROGRAMME DU SECOND SEMESTRE


Février-Avril 2013
Vendredi 1 février 2013 CBL EC
Les grandes transformations de la télévision : la réception des programmes
Vendredi 8 février CBL  
La téléréalité : succès et épuisement d’un genre ?
Vendredi 15 février EC CBL
Le service public de télévision (Années 1980-Années 2000)
Vendredi 22 février EC
Invitée Isabelle Gaillard (Université Grenoble 2, LARHRA), La télévision, histoire d’un objet de consommation 1945-1985, CTHS-INA
Vendredi 1 mars 2013 EC
Le fait divers à la télévision : l’affaire Dominici (1953-2012)
Lecture : André Rauch et Myriam Tsikounas (dir.) L’historien, le juge et l’assassin, Publications de la Sorbonne, 2012.
Vendredi 15 mars EC
Présentation de travaux étudiants
Vendredi 22 mars EC
Télévisions et identité collective : les émissions culinaires à la télévision de Raymond Oliver à Petitrenaud (1950-2000)
Vendredi 29 mars EC-CBL
Les enjeux des émissions pour la jeunesse : l’affaire des mangas
Vendredi 5  avril CBL-EC
Invité Jamil Dakhlia (Université Paris 3) : « Communier avec des lecteurs-téléspectateurs: la presse de programmes en France ».
Vendredi 19 avril EC-CBL
Conclusion

jeudi 22 novembre 2012

« Fictions et influences culturelles : les séries et l’histoire de la télévision »

Au nom de la Loi, diffusé par ABC aux Etats-Unis de 1958 à 1961 et en France à partir de 1963. Les derniers épisodes diffusés en France passent sur Canal Jimmy en 1995.



Les fictions télévisées occupent dans l’histoire de la seconde moitié du XXe siècle une place un peu analogue à celle qu’ont occupée les feuilletons et romans populaires dans la seconde moitié du XIXe siècle, et les séries radiophoniques dans la première moitié du XXe siècle. Elles représentent un énorme réservoir de fictions qui nourrit l’imaginaire collectif. Mais quel imaginaire ? En quoi est-il « collectif » ? Quels sont les récits qui sont ainsi diffusés et transmis ? Quels genres sont mobilisés ? Qui sont les spectateurs ? S’organisent-ils en groupes d’appartenance ?

Dans le modèle classique de la télévision (télévisions privées américaines, télévisions nationales européennes), les fictions contribuaient à fonder une culture commune. On peut se demander si c’est encore le cas. Et dans l’hypothèse d’une réponse négative, on peut se demander s’il est possible d’identifier des cultures de communautés, de groupes, de générations, nationales, transnationales, mondialisées qui seraient partiellement ou totalement assises sur ces fictions. Pour répondre à ces interrogations, on se demandera comment au cours des soixante dernières années, la fiction a circulé dans les systèmes télévisuels. On organisera les interrogations autour de quatre périodes dans l’histoire de la télévision occidentale qui nous semblent gouverner quatre types de rapport à la fiction. On fait l’hypothèse, en effet, que l’organisation réglementaire et économique des réseaux a des conséquences sur la production - le contenu - la programmation - la réception

On dressera dans les paragraphes qui suivent un cadre de saisie de l’histoire des séries télévisées au cours des soixante dernières années en considérant seulement les séries produites en Europe et aux Etats-Unis. On fera l’hypothèse que le contexte, les conditions de production des séries, leurs modalités de diffusion et de réception peuvent être mises en regard de leur analyse formelle, en termes de genre et de contenu. On identifiera alors quatre périodes possédant des caractéristiques propres.

Dans les années 1950-1960 deux modèles de télévision se mettent en place de part et d’autre de l’Atlantique. Les télévisions privées américaines produisent des séries dont le format est hérité du modèle mis en place pour la radio et dont les thèmes font directement référence aux questions clefs de l’identité américaine.
En Europe, la télévision s’organise dans un cadre national et sur le modèle du service public, avec une présence très marginale des réseaux privés (ITV en Grande Bretagne). Coexistent sur les écrans des fictions américaines importées (peu) et des fictions produites localement dont les formes et les thèmes sont marqués par les traits de la culture ou de l’histoire nationale. Dans les années 1980, la mise en place des télévisions privées en Europe donne une acuité nouvelle à la question de l’importation des séries « étrangères », essentiellement américaines ou japonaises, et pose sous une forme conflictuelle la question des rapports de domination symbolique.
Les premières années du XXIe siècle voient l’économie de la diffusion des séries transformée par le DVD et internet. Sites de fans et groupes sur facebook obligent à revisiter la question de la réception. Par ailleurs la critique cinématographique commence à s’intégrer à la créativité de la fiction télévisée

A. La télévision privée aux Etats-Unis
La télévision naît sous sa forme « classique » entre 1945 et1985 aux Etats-Unis. Les networks de télévision sont les héritiers directs des networks de radio dont ils portent les noms (CBS, NBC, ABC). Ils fonctionnent selon la même logique économique en étant financés par la publicité qui induit l’énorme importance donnée aux mesures d’audience (Nielsen). Ces chaînes produisent et diffusent des fictions rassembleuses pour le grand public.
Ce sont par exemple I Love Lucy, qui appartient au genre de la family comedy, The Lone Ranger, Zorro, qui s’inscrit dans la tradition de la western novel. Au cours des années 1970, des séries policières comme Starsky and Hutch, Columbo, NYPD, reprennent les codes du roman policier. Des les années 1960 l’existence de ces séries donne lieu à un débat critique, commencé d’ailleurs à propos des soap réalisés pour la radio. Apparaît une thématique de l'aliénation par la culture de masse. Par ailleurs l’analyse des récits conduit à la critique des moyens de la construction d’un imaginaire collectif (western/frontière, ville/police, minorités/races, genres…). Les défenseurs des séries soulignent que ces dernières renouvellent leurs thèmes et questionnent la société. Le débat demeure largement interne à la société américaine. On peut analyser en ces termes la série Columbo. Le schéma est toujours le même. Le spectateur assiste au debut à un meurtre commis par quelqu'un appartenant à un milieu riche et puissant. le meurtrier se croit sûr de l'impunité en raison de ses relations et de sa richesse. La loi est représentée par le lieutenant Columbo qui atoutes les caractéristiques de l'anti-héros : il est mal habillé d'un vieil imperméable, est borgne et un peu bossu, conduit une vieille décapotable Peugeot - ce qui est une marque d'excentricité aux Etats-Unis. Il affiche une déférence sociale marquée ... mais finit toujours par convaincre le coupable grâce à un détail que ce dernier avait négligé. La réalisation de la série obéit à des codes classiques du feuilleton, ainsi la présence dans chaque épisode d'un moment où l'enquêteur fait une " retour" inopiné après un faux départ qui signale à coup sûr un retournement de la sitation.

B.Les chaînes publiques en Europe (France, Allemagne, Italie, G-B /ITV)
La logique qui gouverne la construction des chaînes publiques en Europe est assez différente, en particulier en ce qui concerne le rapport à l’audience. Les dirigeants sont loin de se désintéresser de cette dernière mais ils ne recourent pas (jusqu’en 1969) ou pas uniquement à des mesures de type audimat. Le courrier des téléspectateurs qui permet une analyse qualitative et la critique de presse sont des éléments d’appréciation essentiels. Philippe Bourdon dans La télévision des années de Gaulle montre que la culture des classes dirigeantes est décisive dans la programmation.

En France, de nombreuses séries caractéristique de cette époque appartiennent au genre du mélodrame. Le Temps de copains (analysé par Miriam Tsikounas) pose la question de la place de la jeunesse dans la société française des Trente glorieuses et du rapport Paris-Province. Une série policière comme Les cinq dernières minutes offre une lecture de la société française. A chaque épisode le récit est inscrit dans un univers professionnel précis. La réalisation donne à voir des univers en voie de disparition (la halle aux vins, les halles centrales de Paris, les bateliers, ...) et des contextes nouveaux tels Rungis ou l’industrie du disques. Par ailleurs la figure de l’autorité ( le commissaire Bourrel, inspiré de la figure de Maigret, héros de Georges Simenon dans des romans d’avant-guerre) associe une figure patriarcale traditionnelle incarnant l’autorité masculine au respect des hiérarchies établies.
Cette télévision « nationale » donne naissance à de grandes fictions identitaires qui interrogent l’histoire collective à travers des histoires de familles ou à travers des récits historiques. C'est ainsi que l'on a pu interpréter le feuilleton Thierry la Fronde , qui raconte l'histoire d'un jeune noble luttant contre les Anglais lors de la Guerre de Cent ans aux côtés de ses paysans comme une métaphore de la résistance. Le feuilleton historique et le grand récit familial représentent des formats qui vont perdurer dans les systèmes ultérieurs, portés en général par les chaînes publiques qui se trouvent parfois statutairement en charge de dire l’identité nationale.

En Grande Bretagne, la situation est plus ambiguë. La chaîne privée ITV se montre capable de produire à la fois des séries inventives formellement des des séries ancrées dans la culture nationale. The Avengers ( Chapeau melon et botte de cuir) est une parodie de récit d’espionnage et met en scène des personnages caractéristiques de la société et de la fiction anglaise : l’agent secret issu des classes supérieures du pays par exemple. Sur le plan formel cette parodie qui joue subtilement du second degré prend place dans des décors et avec des costumes qui sont un hommage direct à la culture « pop » des années 1960. C’est aussi ITV qui fait réaliser Coronation Street. Respectant les codes du « soap » opera, la série met en scène deux famille de la classe ouvrière anglaise. Le titre même souligne l’ancrage de la série dans l’histoire nationale. Eastenders représente la réponse de la BBC, chaîne nationale publique à Coronation Street. Diffusé sur BBC 1 à partir de 1985 cette série raconte la vie d’habitants d’un quartier ouvrier fictif de Londres. Au début la BBC diffuse deux épisodes d’une demi heure par semaine. Ensuite le rythme passe à quatre épisodes par semaine, diffusés sur BBC One, puis répétés à 22H sur BBC 3 avec une reprise le dimanche après midi. C’est l’occasion de poser toutes sortes de questions de société. Ainsi le viol de Kathy Beale, un épisode controversé, en 1988.

On notera que la réalisation de fiction identitaires rassembleuses à dimension nationale continue bien au delà des années 1980. En RFA, Heimat est un feuilleton télévisé en 11 épisodes de 55 à 138 minutes diffusé à partir du 6 mars 1984 sur le réseau ARD. Il sera diffusé en France par TF1 en 1987. La page d’un site de fan de Heimat illustre la façon dont le récit familial fictif se raccorde par le travail de réception aux histoire familiales particulières des spectateurs.

En France, une fiction identitaire de ce type, Plus belle la vie est créée en 2004 sur France 3, chaîne du service public, avec comme but explicite de répondre à une problématique d’intégration. On y trouve traités les mêmes thèmes que dans Eastenders : viols, inceste, violence domestique, maladies mortelles, euthanasie, prison, chômage, racisme, relations familiales … La profusion des évènements et l’accumulation sur la tête des mêmes personnages de calamités diverses est une caractéristique ancienne du feuilleton, parfaitement acceptée par les spectateurs comme une sorte de convention d’écriture propre au genre. L’action se passe à Marseille ans un quartier fictif, dit Mistral. Aujourd’hui cette série est diffusée en Belgique sur la deux et en Suisse. Plus de mille épisodes ont été réalisés.

C. Les réseaux privés en Europe (1980-2010)
Dans les années 1980 on assiste à l’irruption des télévisions privées en Europe. Silvio Berlusconi crée un grand groupe de médias en Italie. En France apparaissent successivement, à partir de 1981, Canal +, la Cinq de Berlusconi, M6 et on assiste à la privatisation de TF1. En Grande Bretagne , où ITV existe depuis les années 1960, Murdoch et Maxwell créent de grands groupes privés présents sur le satellite et le câble. En Allemagne Bertelsmann fait de même. Au Luxembourg s’installent des groupes privés qui se spécialisent dans l’alimentation par satellites des réseaux câblés.

Il faut alimenter ces chaînes privées en images et la solution économique et facile est d’acheter des séries américaines. On assiste alors à une arrivée massive de séries d’importation qui pose la question de la domination culturelle dans un contexte politique agité.

En France par exemple, des séries américaines étaient diffusées des les débuts de la télévision mais le débat demeurait limité et avait été en quelque sorte tranché à propos du cinéma à la fin des années 1940 (accords Blum-Byrnes). Les chaînes publiques diffusent par exemple dans les années 1960 Au nom de la Loi (voir ci-dessus), illustrant la tradition du western ou Ma femme est une sorcière, dans la veine de la comédie domestique.

Après 1980, le droit de diffuser en masse des séries étrangères – américaines – est un enjeu de survie pour les télévisions privées. Le soap Dallas s’inscrit ainsi au centre d’un débat sur, d’une part la qualité des fictions proposées, d’autre part leur contenu et leur portée idéologique. La série est créée en 1978. Elle raconte l’histoire d’une famille complexe de producteurs pétroliers, dotée d’un paterfamilias et d’un « méchant », son fils, l’homme d’affaires J.R. Ewing. L’ambition de la famille Ewing est de ruiner la famille ennemie, les Barnes. En France Dallas passe sur TF1 en 1981 puis se déplace sur la Cinq, puis sur Canal Jimmy, et, en janvier 2005, sur France 3.
Cette série est l’occasion de poser dans un débat public la question de l’attractivité des grandes séries américaines. Dallas est en effet diffusée et vu dans de très nombreux pays au monde, y compris au Maghreb où elle fait figure d’évènement. Sa capacité à être reçue dans des contextes culturels très différents semble liée à des caractéristiques formelles. Le sujet est classique et intemporel (l’affrontement entre deux familles, entre deux frères …). La structure narrative est d’un classicisme éprouvé avec l’application systématique du « cliffhanger » : un rebondissement arrive à la fin de chaque épisode. La série allie classicisme du fond et de la forme, et obéit aux canons de la littérature populaire. Elle est exportée dans 60 pays, avec des adaptations, coupures, modifications et relance le débat sur « l’américanisation » de la culture. Est-ce qu’ele a du succès parce qu’elle « exporte » en quelque sorte les modes de vie et les valeurs de la société du pays le plus puissant du monde ou parce qu’elle s’appuie sur des invariants de l’ordre du mythe propre aux sociétés humaines, … ou les deux ?

D. La télévision « post moderne »
On appellera faute de mieux – et il faut le prendre comme un clin d ‘œil – « postmoderne » l’organisation de la télévision après la généralisation du DVD et de l’internet 2G. Le lien est complexe avec le changement technique. On n’a pas vua apparaître comme certains avaient pu le craindre au début des années 1980 des « satellites coca-cola » inondant l’Europe de publicités et de fictions américaines.
La barrière des langues et de la publicité en Europe a au contraire conduit à une articulation complexe entre satellite/réseaux câblés et comme le choix final est demeuré dans les mains de la puissance publique ( malgré les directives européennes) des solutions propres à chaque pays ont émergé.
En revanche Internet a introduit une autre temporalité avec l’accès à la demande. On assite à l’effacement de la notion de flux. La série peut être considérée comme un stock. Interne et aussi en question le temps collectif de la réception. La série avant le journal télévisé par exemple, ou la grand fiction du mardi soir …
La difficulté de mesurer sur internet le nombre de spectateurs peut conduire à la fin de l’"audience" telle quelle était conçue au temps de la télévision classique. La réception voit la recomposition des communautés autour des fan clubs et groupes facebook. La barrière de la langue s’effrite. On constate aussi au début des années 1980 un certain ennoblissement de la fiction télévisée. Ainsi les Cahiers du cinéma signalent-ils le déplacement de l’innovation formelle du cinéma vers les séries TV :
Voir Le Goût de la Télévision, anthologie des Cahiers du Cinéma (1951-2007) ;
Cahiers du Cinéma "Séries Télé US : L’épreuve du temps".
On s’adresse à un spectateur « ultra compétent ». Desperate Housewifes propose cinq récits entrelacés, obéissant chacun aux règles du genre et à prendre au premier ou second degré. Friends, (NBC) diffusé en France de 1996 à 2006 possède une structure complexe avec arc narratif tendu sur la saison. On s’est interrogé sur son influence en termes de modes de vie (colocation). Lost (écrit pour ABC), arrive en 2005 en France et est diffusée dans 180 pays. En France la 1ere saison sur TF1 attire 6 millions de téléspectateurs ou plus par épisode mais ABC veut y mettre fin des 2006. Sex and the City , s’adresse aux « jeunes urbains ». La série traite de questions de société et du statut des femmes sous une forme légèrement parodique.
Desesperate Housewives est une parodie de soap…et donc, par ricochet, une réflexion critique sur la vie sociale des classes moyennes blanche aux Etats-Unis. 24 H chrono assied son prestige sur ses innovations narratives. Il sera commenté par Les Cahiers du cinéma. Prison Break explore les limites de la représentation de la violence sur les chaînes. On assiste aussi au remaniement de la frontière réel fiction avec la scénarisation de la téléréalité et l'introduction d'éléments de réalité ou documentaires dans des fictions.

Globalement, ces séries créent dans le monde occidental un espace-temps unifié autour des fictions américaines. On observe la circulation des "saisons" dans le monde, la starisation des interprètes selon le modèle du cinéma hollywoodien (presse à potins et scandales,) la prolongation de leur succès en DVD. Certains pays résistent en partie en étant la source de production de séries construites sur un modèle un peu différent. C'est le cas des télénovelas par exemple.
la question de l'influence culturelle de ces séries n'est pas simple à régler. On ne peut, pour l'aborder, faire l'économie d'une analyse de ces dernières organisée de façon méthodique.
Dans l’ensemble les fictions peuvent être analysées sous deux angles :
- celui du contenu et de son rapport à la société et au contexte historique de sa production ;
- celui de la forme et de la plus ou moins grande capacité d’innovation par rapport aux codes de la fiction.
Ce sera l'objet de cours ultérieurs.

jeudi 13 septembre 2012

CALENDRIER 2012

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Université Paris Diderot-Paris7/Enssib-Université de Lyon/Université Sorbonne nouvelle Paris 3
UFR Géographie, Histoire, Sciences                       Département Médiation culturelle
de la société
MASTER MEDIATION CULTURELLE (Sorbonne nouvelle- Paris 3) –( M9RTV et M0RTV)
MASTER HISTOIRE ET CIVILISATIONS COMPAREES (Paris Diderot Paris7)
SEMINAIRE
Télévision : source, objet, écriture de l'histoire/« Cultures télévisuelles » -
Programme 2012-2013
Responsables CATHERINE BERTHO LAVENIR,[CBL] Professeure, Histoire culturelle, Département de médiation culturelle, Sorbonne nouvelle-Paris 3- EVELYNE COHEN,[EC] Professeure, Histoire et anthropologie culturelles -XXe siècle (Université de Lyon-Enssib)
Les séances ont lieu le vendredi de 10 H à 12 H 30,  selon calendrier, à l’université Paris Diderot Paris 7,
Du 28 septembre au 10 novembre 2012 les séances ont lieu à l’UFR GHSS, Immeuble Montréal, dalle des Olympiades, salle 212 (salle des thèses), 2er étage ( à la hauteur du 101 rue de Tolbiac – 75013 Paris, prendre l’escalier mécanique qui monte sur la dalle des Olympiades). Métro Olympiades. Suivre le parcours fléché
Du 16 novembre 2012 au 17 mai 2013 les séances ont lieu à l’UFR GHSS, sur le site Paris rive gauche de l’Université Paris Diderot , bâtiment Olympe de Gouges, salle 203
Contacts : evelyne.cohen@wanadoo.fr et cjc.lavenir@hotmail.com
Thème du séminaire 2012-2013 « Les  transformations du paysage audiovisuel France/ Reste du Monde (1945-2012) »
En 2012-2013 le séminaire fera le point sur les grandes transformations du paysage audiovisuel en France et dans le monde. On s’intéressera en particulier aux programmes et aux genres télévisuels. Des chercheurs historiens présenteront des travaux récents d’histoire culturelle de la télévision. Parallèlement le séminaire poursuivra ses travaux d’analyse des programmes de télévision des années cinquante à nos jours à partir des sources audiovisuelles.
premier semestre
Vendredi 28 septembre 2012 Séance n° 1. E.C-CBL
Introduction - Bibliographie- Présentation du travail demandé  et de la fiche-type d’analyse d’un programme.-
Les grandes transformations du paysage audiovisuel français (1) : aux origines de la télévision publique
Vendredi 5 octobre CBL
Les grandes transformations du paysage audiovisuel aux USA et en Europe (2) : les télévisions privées
Vendredi 12 octobre EC-CBL
 Les grandes transformations du paysage audiovisuel (3) : pluralité et concurrence des chaînes (EC) ; la numérisation, multiplication des chaines et transformations des pratiques de consommation (CBL)
Vendredi 19 octobre EC 
Genres et programmes télévisuels : journaux télévisés et magazines d’information (1949-2012)
Vendredi 26 octobre  EC-CBL
Le patrimoine audiovisuel : visite de l’INA - présentation des fonds de l’Inathèque dans les locaux de l’Inathèque . Methodologie : recherche et critique des sources.
ATTENTION LE RV est à l'INA à la Bibliotheque François Mitterand, entrée pilier EST, metro Bibliotheque Françaois Mitterand, ligne 14. Suivre les fleches sur le parvis.
Vendredi 16 novembre EC
Genres et programmes télévisuels   : Le théâtre à la télévision (Dom Juan de Marcel Bluwal 1965)
Vendredi 23 novembre EC-CBL
La fiction à la télévision : de la dramatique à la série (CBL)
Vendredi 30 novembre EC-CBL
Les rites à la télévision : mariages, enterrements, cérémonies télévisuelles…
Vendredi 7 décembre CBL
Intermédialité : Le Tour de France, des informations filmées à la télévision
Vendredi 21 décembre CBL-E.C
Présentation de travaux étudiants
Deuxième semestre

Vendredi 1 février 2013 CBL EC
Les grandes transformations de la télévision : la réception des programmes
Vendredi 8 février CBL
La téléréalité : succès et épuisement d’un genre ? (CBL)
Vendredi 15 février EC
Le service public de télévision (Années 1980-Années 2000)
Vendredi 22 février EC
Invitée Isabelle Gaillard (Université Grenoble 2, LARHRA), La télévision, histoire d’un objet de consommation 1945-1985, CTHS-INA
Vendredi 1 mars 2013 EC
Le fait divers à la télévision : l’affaire Dominici (1953-2012)
Lecture : André Rauch et Myriam Tsikounas (dir.) L’historien, le juge et l’assassin, Publications de la Sorbonne, 2012.
Vendredi 15 mars CBL
Les enjeux des émissions pour la jeunesse : l’affaire des mangas
Vendredi 22 mars EC
Télévisions et identité collective : les émissions culinaires à la télévision de Raymond Oliver à Petitrenaud (1950-2000)
Vendredi 29 mars EC-CBL
Présentation de travaux étudiants
Vendredi 5  avril CBL-EC
Invité Jamil Dakhlia (Université Paris 3) :"Communier avec des lecteurs-téléspectateurs: la presse de programmes en France".
Vendredi 19 avril EC
Présentation de travaux étudiants
Vendredi 10 mai  EC-CBL
Analyse d’une semaine de programmes
Vendredi 17 mai EC-CBL
Conclusion


jeudi 19 avril 2012

Attention séance du 4 mai supprimée

Les étudiants de Paris 3 doivent prendre contact avec moi pour fixer une date de présentation de leur travail de façon individualisée. Le partiel consistera en un oral de "défense" du devoir en temps libre. Les étudiants ayant présenté leur travail par oral au cours du séminaire en sont dispensés.
catherine.bertho-lavenir@univ-paris3.fr

jeudi 29 mars 2012

Le 30 mars Invité Guy Lochard

sur " La médiatisation des publics sportifs".
Séance déplacée.